Le jeûne est
sans doute l’une des plus anciennes approches d’auto-guérison. Même dans
la nature, les animaux cessent instinctivement de manger quand ils sont malades
ou blessés. Le jeûne complet consiste à s’abstenir de tout aliment (solide et
liquide), pendant une période plus ou moins longue dans le but de reposer,
détoxiquer et régénérer l’organisme. Selon ses tenants, le jeûne contribuerait
au maintien d’une bonne santé, au même titre qu’une saine
alimentation, l’exercice physique et l’équilibre émotif.
Les gens qui
entreprennent un jeûne le font généralement pour « faire un grand
ménage » ou donner au corps des conditions optimales de guérison. De tout
temps, il a également été associé à des pratiques spirituelles ou religieuses. Il
procurerait en outre un sentiment de clarté d’esprit et de
« désencombrement mental ». L’application du jeûne à des fins
thérapeutiques demeure toutefois un sujet controversé. Certains
praticiens y voient un danger pour la santé ou croient qu’il serait imprudent
de l’entreprendre sans l’accord ou la supervision d’un professionnel de la
santé.Bien qu’on utilise librement le terme « jeûne » pour englober plusieurs types de cures à titre d’exemple ; cure de détoxification pour évacuer un maximum de toxines et d’éléments toxiques du corps, en général une cure de 4 à 8 jours, au maximum 2 fois par an et des périodes de carêmes assez longue ou de jeûnes complet ou partiel.
Il importe de faire une distinction entre le jeûne complet et les cures. Au cours d’un jeûne véritable, seule l’eau est permise et on recommande le repos complet. La cure (ou jeûne partiel) est plutôt basée sur diverses diètes restreintes comprenant des jus de fruits, de légumes ou d’herbe de blé, et parfois certains autres nutriments (céréales, pousses, infusions, bouillons, suppléments alimentaires, etc.).
Ces cures, qui se veulent souvent thérapeutiques, peuvent être adaptées aux besoins particuliers des jeûneurs et varient selon l’approche des intervenants. Elles conviennent aux personnes qui ont des besoins particuliers, qui ne peuvent, en raison de leur santé, vivre un jeûne complet, ou qui souhaitent s’initier au jeûne par une approche plus douce.
Bien que la tradition reconnaisse les vertus du jeûne, les premiers fondements scientifiques ne remontent qu’à la fin du 19eme siècle. Le Dr Isaac Jennings (1788-1874) fut l’un des premiers médecins américains à le préconiser. C’est en 1822 qu’il renonce à l’usage de la médication et qu’il opte pour une nouvelle science de la santé basée sur des principes naturels, dont le jeûne, que l’on appela ensuite hygiène naturelle ou système hygiénique. D’autres praticiens l’ont imité, mais on doit principalement à Herbert M. Shelton3 (1895-1985), chiropraticien et naturopathe, reconnu comme le père de l’école hygiéniste, d’avoir élaboré un protocole basé sur un jeûne strict à l’eau, sans exercice physique. Il s’agissait d’un repos physiologique complet - que recommandait Socrate il y a 2 500 ans! - qui permettrait d’aiguiser l’esprit.
Une étude d’observation publiée en 2005 a évalué la faisabilité et l’efficacité de l’intégration d’une thérapie par le jeûne auprès de 2 121 patients admis dans un département de médecine intégrée d’un hôpital en Allemagne. Les patients souffraient soit d’une maladie chronique interne soit d’un syndrome de douleur chronique( arthrite rhumatoïde, maladie inflammatoire de l’intestin, douleur reliée au système locomoteur, syndrome de l’intestin irritable, maladie pulmonaire, migraine, céphalée, etc.).
Tous les patients ont reçu des traitements d’acupuncture, d’hydrothérapie, partiqué diverses approches corps-esprit et assisté à des cours sur la nutrition et les habitudes de vie. Il leur était en outre proposé de participer à un jeûne modifié de 7 jours. La consommation exclusive de 2 litres de liquide par jour (eau minérale, jus de fruits, thé, bouillon de légumes) fournissait au total 350 calories. Environ 45 % d’entre eux ont participé au jeûne. À leur sortie de l’hôpital, les patients ayant jeûné ont rapporté une diminution de leur symptôme principal significativement plus grande que celle des autres patients. Aucun effet secondaire sérieux ne fut rapporté. Les auteurs ont conclu qu’une thérapie par le jeûne était une méthode sécuritaire et efficace pouvant être incorporée dans un concept de médecine intégrée. selon ce qu'écrit le docteur Jean-Pierre Willem, qu'en période de jeûne ou en restriction alimentaire sévère, le sang s'acidifie et agit favorablement pour combattre les cellules cancéreuses ou mutées. Ces dires sont fondés sur des études effectuées par des chercheurs tel le docteur André Gernez. http://jeune-et-sante.forumcanadien.ca/t23-protocole-contre-le-cancer-restriction-alimentaire-dr-gernez
Concernant le cerveau, l'acidose est indispensable pour maintenir un gradient hémato méningé et permettre l'utilisation des corps cétoniques et pourrait être responsable de la diminution de la sensation de faim voire de la survenue d'une certaine euphorie.(Thése de doctorat :approche médicale et scientifique du jeûne ‘Duverney-Guichard France 1987)
Pendant longtemps, l'acidification était l'argument principal des opposants au jeûne pour le dénoncer, disant que l'organisme était en danger à cause de cette acidification du sang ou acidocétose. En fait, ce phénomène est temporaire et, suite au jeûne, tout entre dans l'ordre, avec les bénéfices obtenus par cette acidification.
D’autres recherches destinées à déterminer l'efficacité et l'innocuité du jeûne complet, seul ou associé à un autre traitement, ont fait état de résultats positifs dans le traitement de divers problèmes. Cependant, même si les auteurs concluent qu’il pourrait s’agir d'un traitement complémentaire intéressant, ils précisent généralement que des études supplémentaires seront élaborés pour permettre de valider encore plus l’efficacité de la thérapie du jeûne.
En général les
recherches on aboutit aux conclusions suivantes :
En pratique
Avant d’entreprendre un jeûne complet ou partiel, il est recommandé
de vérifier son état de santé auprès d’un médecin, particulièrement pour
les personnes âgées ou sous médication. L’intervenant qui supervise le jeûne
effectue un bilan de santé avant que le jeûne commence, puis un examen
de contrôle quotidien (pouls, pression artérielle, poids et température).Il existe de nombreux centres de jeûne aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et en Australie qui offrent des services selon le protocole établi par l’International Association of Hygienic Physicians (IAHP). Des professionnels de la santé (infirmières, médecins, naturopathes, psychologues, etc.) offrent également des jeûnes supervisés dans des centres de détente et des auberges de santé un peu partout dans le monde. Plusieurs établissements proposent également des activités physiques de courte durée (marche, yoga, exercices de respiration, etc.), diverses approches complémentaires (massothérapie, aromathérapie, acupuncture, art-thérapie, etc.) et même des cours de formation en cuisine végétarienne et en hygiénisme, par exemple.
Il n’y a pas de moment idéal pour entreprendre un jeûne. Certains praticiens, en accord avec plusieurs traditions, recommandent les périodes de transition du printemps et de l’automne, mais ceci n’est pas une règle absolue.
Planifier a
bien meilleur goût!
On ne décide
pas de jeûner du jour au lendemain sans préparer l’organisme à vivre ce
changement. Il y a généralement 3 étapes à suivre :- La
phase de préparation psychologique et physique, qui consiste à se préparer
mentalement à réduire progressivement sa ration alimentaire et,
idéalement, à opter pour un régime végétarien en évitant les produits
raffinés.
- Le
jeûne lui-même, complet ou partiel.
- La
réintégration alimentaire, qui consiste à revenir graduellement à une
alimentation normale.
La faim s’en
va...
Au début du jeûne,
il se peut que la faim vous tiraille, mais cette sensation disparaît
généralement après le 2e jour. Elle fait souvent place à une
sensation de légèreté, voire à une certaine euphorie et une plus
grande clarté d’esprit. La perte de poids initiale est essentiellement
attribuable à une élimination d’eau et de sel. Ensuite, pour chaque kilo en
moins, le corps perd approximativement 310 g de protéines et 550 g de
graisse. Si la réduction de nourriture a été respectée durant la phase
préparatoire, les symptômes secondaires (mal
de tête, insomnie, nausée,
étourdissements, irritation cutanée, odeurs corporelles, douleurs musculaires)
sont généralement momentanés.
Pendant combien
de temps?
Pour déterminer
la durée et le type de jeûne, certains intervenants considèrent d’abord
l’état mental de la personne avant de prendre en compte d’autres facteurs,
comme l’âge, le sexe, le poids, la force vitale, le degré d’intoxication et la
gravité des affections. Dans bon nombre d’établissements, la durée du jeûne est
de 3 à 10 jours et peut se prolonger jusqu’à 3 semaines.
Certains recommandent de cesser le jeûne au moment où l’organisme est tout à
fait libéré de ses toxines, c’est-à-dire lorsque la langue est propre, l’urine
claire et que la faim réapparaît. Cela suppose généralement un jeûne d’assez longue
durée, déconseillé aux jeûneurs inexpérimentés.
From
International Association of Hygienic Physicians (IAHP)

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